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Centre des Sciences de la Littérature Française Université Paris Ouest Nanterre La Défense |
SÉMINAIRES DE MASTER Lettres 2008-2009, Spécialité LFC,Parcours « Littérature française »Télécharger le programme au format PDF Programme des enseignements de master 1 et 2. Salle R 5 du bâtiment L, sauf mention particulière
Moyen ÂgeAutour de 1500, le théâtre de la folie M. Jean-Pierre Bordier LMLIF115/311. Master 1 et 2Semestre 1. Mardi 16h-19 h tous les quinze jours La transition entre Moyen Âge et Renaissance, chère aux manuels scolaires, ne concerne guère le théâtre, qui connaît une activité intense et constante à partir de la fin de la Guerre de Cent Ans, vers 1450, et crée des formes que la tragédie et la comédie ne supplantent pas avant la fin du xvie siècle. Ces formes sont rebelles à toute esthétique de type « aristotélicien » et leur anticonformisme est peut-être la raison du discrédit et de l’ignorance d’où elles ne sont sorties que depuis les années 1970. Elles émanent pour une large part du monde de la jeunesse, qu’il s’agisse des universités ou des sociétés de jeunes chargées d’organiser, dans les villes de cette époque, les fêtes qui ébranlent temporairement l’ordre social, Fêtes des Fous, Carnavals et charivaris. La folie n’est pas seulement le thème dominant de ce théâtre, elle en définit un « genre » caractéristique, la sotie, et commande des personnages typiques, Mère Sotte, le Prince des Sots et les « sots », à la fois fauteurs de désordre et porteurs de vérité, destructeurs de faux-semblants et créateurs de lien social. Après un coup d’œil rétrospectif sur le Jeu de la Feuillée d’Adam de la Halle (1276), le séminaire partira de l’Éloge de la Folie d’Érasme et des fêtes de jeunesse pour éclairer quelques œuvres théâtrales où la satire des mœurs s’inscrit dans la controverse religieuse (naissance de la Réforme) et le combat politique (installation de l’absolutisme). On interrogera aussi le témoignage de psychiatres et de psychanalystes sur cette expression soudaine de la folie à ciel ouvert et sur la répression dont elle a fait l’objet.
Poésie médiévale, poésie présenteM. Jean-Pierre Bordier, M. Benoît Conort LMLIF221/ 421 Master 1 et 2Semestre 2. Mardi 16h-19h tous les quinze jours, Étrangère par une langue que nous ne comprenons plus si nous ne l’apprenons pas, étrange par des formes, des images et des pensées d’un autre temps, distante par l’idée que les poètes se faisaient de leur rôle et de leur art, la poésie française du Moyen Âge est-elle encore ou peut-elle redevenir pour nous une poésie vivante et présente ? Pour approcher cette question, le séminaire sera conduit par deux professeurs. L’un, spécialiste de littérature médiévale, présentera quelques poèmes et les analysera au moyen des instruments de la critique historique en usage à l’Université ; l’autre, spécialiste de la poésie d’aujourd’hui, fera entendre le retentissement de ces textes dans la conscience littéraire de notre temps. Tous deux associeront les participants à un travail qui pourra être dit, selon la direction prise et le résultat atteint, de traduction, de transposition ou de réécriture ou de recréation.
L’invention d’un mythe médiéval : Tristan et IseutMme Catherine Croizy LMLIF211/411 Master 1 et 2Semestre 2. Mardi 16h -19h tous les quinze jours
TEXTES : Béroul, Le Roman de Tristan, éd. E. Muret et L. M. Defourques, Paris, CFMA, 4ème éd., 1947. Thomas, Le Roman de Tristan, éd. F. Lecoy, trad. et présentation E. Baumgartner et I. Short, Paris, Champion, Classiques Champion Moyen Age, 2003. Tristan et Yseut, dir. C. Marchello-Nizia, Paris, Bibliothèque de la Pléiade, nrf, Gallimard, 1995.
Approches du manuscritMme Catherine Croizy LMLIF411. Master 2Semestre 1. Jeudi 11h-14h tous les quinze jours Qu'est-ce qu'un manuscrit? C'est à cette question que va s'efforcer de répondre ce séminaire, en considérant le manuscrit dans tous ses états, depuis sa conception et sa fabrication jusqu'à sa transmission et à sa diffusion. Il s'agira de l'approcher du point de vue matériel, du point de vue culturel et historique et du point de vue littéraire. Une bibliographie sera fournie au début du séminaire. pour une toute première approche, voir par exemple lire le manuscrit médiéval: observer et décrire, dir. P. Géhin, paris, Armand Collin, collection U, série histoire, 2005. XVIe siècleÎles, villes, utopies à la renaissanceMme Marie-Christine Géraud LMLIF 412. Master 1 et 2Semestre 2. mercredi 9h30-12h30 tous les quinze jours Au moment où les horizons géographiques s’ouvrent sur la découverte d’autres continents, la littérature de la Renaissance réfléchit les plus récentes données du savoir géographique ; simultanément, elle travaille à construire l’espace en sollicitant des schémas traditionnels d’une manière renouvelée. Témoin l’ouvrage de Tomas More, l’Utopie (1516) qui pose en regard l’Angleterre d’Henry VIII et une île qui voit l’établissement de « la meilleure constitution d’une république ». Témoins aussi les récits de voyage vers les terres lointaines qui dessinent un réel informé par l’imaginaire, qu’il s’agisse de décrire Jérusalem, Rome ou encore les « îles » du Nouveau monde. Le lointain permet de jeter un regard renouvelé sur le proche, de le rêver et de le construire, comme en témoigne la pensée d’un Montaigne sur le Nouveau monde ou celle d’un Ronsard sur les « îles Fortunées ».
Le séminaire se proposera d’évoquer ces problèmes à travers la littérature de grands textes littéraires (Thomas More, Montaigne, Rabelais, Ronsard) et d’aborder sous cet angle particulier la littérature des voyages à la Renaissance (Jean de Léry, Jean Boucher, Nicolas de Nicolay, André Thevet). La participation de conférenciers extérieurs est prévue. Choix de lectures critiques : - M.-C. Gomez-Géraud, Ecrire le voyage en France au XVIe siècle (PUF, 2000)
XVIIe siècleLe corps comique : présence scénique, présence verbaleMme Liliane Picciola LMLIF127/ LMLIF313 Master 1 et 2Semestre 1. Vendredi 13h30-16h30 tous les quinze jours Il serait erroné de croire qu’au cours du Grand Siècle, seuls les avatars de la farce manifestent la préoccupation du corps, qui caractériserait les gens du bas peuple même si, lorsque plusieurs classes sociales sont représentées sur scène, ce sont eux qui s’y réfèrent le plus. Au reste, le corps n’est pas forcément perçu par les personnages bien nés comme la manifestation du « bas », notamment dans la mesure où les mouvements de l’âme peuvent aussi le concerner. La redécouverte de L’Astrée a permis de mesurer, depuis Gérard Genette, combien la préoccupation du corps est revendiquée par Céladon et par l’héroïne, souvent d’une manière un peu trouble. À l’instar de la comédie italienne, on écrivait des comédies licencieuses (Mairet) ; la comédie d’Iphis et Iante de Benserade, beaucoup plus précieuse, est fondée sur les étrangetés de l’amour entre deux femmes ; les comédies romanesques à l’espagnole qui opposent spéculations amoureuses et idéalistes au souci du bien-être en montrant souvent un héros aristocratique flanqué d’un valet terre-à-terre, tel Don Quichotte avec Sancho Panza, ne donnent pas toujours tort au second. Le rapport des humains à leur corps, tantôt accepté, tantôt rejeté, dans ses appétits divers, tantôt obsessionnel quand il est malade ou cru tel, passionne notamment Molière. Le discours sur le corps est d’autant plus troublant au théâtre que le corps en question est là, sous les yeux des spectateurs, qui le regardent se présenter, se mouvoir… On étudiera la variété des références au corps, voire celle des discours tenus sur lui , et les questions qu’elles posent pour la représentation alors que cette dernière n’est pas au XVIIème siècle éclairée par de fréquentes indications scéniques. Assurément les personnages rient parfois sur scène, libérant par le corps la pensée de la différence et incitant le public à faire la même chose…
Corpus indicatif Jean de Mairet, Les Galanteries du Duc d’Ossone Isaac de Benserade, Iphis et Iante Jean de Rotrou : L’Heureuse Constance ; Agésilan de Colchos ; Les Occasions perdues Pierre Corneille : La Suite du Menteur Molière : L’École des femmes ; La Critique de l’École des femmes ; L’Amour médecin ; Tartuffe ; M. de Pourceaugnac ; Les Femmes savantes ; Le Malade imaginaire ; Thomas Corneille, Le Berger extravagant
Bibliographie
Le corps tragique : présence scénique, présence verbaleMme Liliane Picciola LMLIF213/413 Master 1 et 2Semestre 2. Vendredi 13h30-16h30 tous les quinze jours Quelle place la préoccupation du corps occupe-t-elle dans la dramaturgie tragique ? Elle peut paraître à première vue incompatible avec la dignité réclamée du héros de tragédie. Comment ce genre s’accommode-t-il de la considération de ce qui ne relève pas de la pensée, des valeurs, des mouvements de l’âme ? Mais dans la mesure où l’émotion la plus sollicitée pour la tragédie est la pitié, celle-ci n’est-elle pas particulièrement favorisée par le spectacle du corps miné ou violemment torturé par une souffrance intérieure qui en altère l’apparence et dont il laisse imaginer plus encore qu’il ne montre ? La rareté des gestes sur la scène tragique fait que les mouvements du corps qu’on y voit expriment l’extrémité des émotions, ce qui en semble ne pouvoir être mis en mots. Par ailleurs, s’il est vrai que les acteurs sont, au XVIIème siècle, moins mobiles que les nôtres, la parcimonie des mouvements ne rendait-elle pas plus suggestives encore, quant au trouble du dedans, les références au corps contenues dans les dialogues ? La tragédie pourrait bien consister dans la tentative de mettre le corps au silence. L’effort est parfois vain : par ailleurs les pleurs mais aussi la voix, le regard, semblent bien constituer une sorte d’intermédiaire toléré entre l’âme et le corps et leur noblesse se trouve ainsi préservée… Quant aux crises, sombres ou furieuses, du mélancolique, elles prennent parfois la forme d’une fatalité pour le personnage tragique puisque c’est malgré lui que l’humeur noire envahit son corps, selon les théories de Galien. Si le corps blessé ou mutilé, est de moins en moins montré (il l’est dans le premiers tiers du siècle) pour ménager les sensibilités du public, il obsède souvent les imaginations, de même que le corps érotique. Le corps remplit donc une fonction essentielle dans la dramaturgie, qu’elle soit dite baroque ou classique.
Corpus indicatif
Charles Le Brun, Méthode pour apprendre à dessiner les passions (1668), Aux Amateurs de livres, 1990. Lucie Desjardins, Le corps parlant. Savoir et représentation des passions au XVIIème siècle. L’Harmattan, 2001. Claudine Haroche, Jean-Jacques Courtine, Exprimer et taire ses émotions (XVIème-début XIXème siècle). Petite bibliothèque Payot. Dernière édition, juin 2007. XVIIIe sièclePeinture et Lumière. Écrivains et peintres au XVIIIème siècleMme Marie Leca-Tsiomis *LMLIF114/314 Master 1 et 2Semestre 1. Jeudi 14h-17h, tous les quinze jours La critique d'art comme genre littéraire est née au XVIIIe siècle en France. Si Montesquieu fut un des premiers à décrire les tableaux découverts lors de voyage en Italie, c'est La Font de St -Yenne qui rédigea les premiers comptes rendus critiques des expositions au Louvre. Mais c’est sous la plume de Diderot que la littérature d'art conquit ses lettres de noblesse et devint un genre à la fois littéraire et philosophique ; de ses premières recherches sur « l’hiéroglyphe poétique » à ses réflexions sur la peinture et la sculpture, on suivra le parcours de l’écrivain jusqu’au Salon de 1767 et à la « Promenade Vernet », œuvre profonde et brillante, parmi les plus novatrices qu’il ait jamais écrites. Dans ses Salons, Diderot s'adressait à l'Europe, et on verra comment Goethe, un de ses plus profonds lecteurs, conduisit la critique à la fois féconde et féroce de ses réflexions esthétiques.
La claustration féminine dans le roman du XVIIIème siècle : autour de La Religieuse de DiderotM. Christophe Martin LMLIF135. Master 1Semestre 1. Mercredi 9h30-12h30 tous les quinze jours « Les passions ne dorment pas dans le silence de la retraite ». Cette formule de L.-S. Mercier exprime ce que la fiction du siècle des Lumières n’a cessé de proclamer. Dans le roman du XVIIIe siècle, le couvent est même souvent, pour le corps féminin, le lieu d’une fureur érotique et d’une hystérie généralisée. D’où le fait que, depuis La Religieuse en chemise (1672), il soit devenu l’un des lieux de prédilection de la fiction érotique ou libertine. Dans ce contexte, La Religieuse occupe une place remarquable : d’une part, le roman de Diderot se singularise en refusant un traitement licencieux ou libertin du thème de la claustration féminine ; mais d’autre part, il pousse à son paroxysme la thèse selon laquelle le couvent conduit à la plus complète dénaturation, instaurant, en un renversement proprement diabolique, le règne de l’inhumain et de la déraison. En s’efforçant de comprendre la fascination suscitée par le couvent dans l’imaginaire romanesque du XVIIIe siècle (en le confrontant notamment au thème du harem), on tentera de situer l’originalité du roman de Diderot.
Textes Diderot, La Religieuse, éd. R. Mauzi, Paris, Gallimard, Folio, 1972. Chavigny de La Bretonnière], Vénus dans le cloître ou La Religieuse en chemise. Robert Challe, Les Illustres Françaises (« Histoire de Monsieur de Terny et de Mademoiselle de Bernay »). Marivaux, La Vie de Marianne ; Lettres contenant une aventure. Montesquieu, Lettres persanes. Études Dominique Jullien, « Locus hystericus : l’image du couvent dans La Religieuse de Diderot », French Forum, XV, mai 1990, p. 133-148. Flavio Luoni, « La Religieuse : récit et écriture du corps », Littérature, mai 1984, n° 54, p. 79-99. Christophe Martin, Espaces du féminin dans le roman français du dix-huitième siècle, Oxford, Voltaire Foundation, SVEC, 2004. Enfants de la nature et expériences pédagogiquesde Molière à SadeM. Christophe Martin LMLIF414 Master 2Mercredi 9h30-12h30 tous les quinze jours Avec Agnès dans L’École des femmes, Molière a offert la figure exemplaire d’une ingénuité « construite » : isolée par Arnolphe du monde extérieur, Agnès est façonnée en idiote selon un inquiétant processus de dénaturation. Sur ce modèle initial, l’imaginaire du siècle des Lumières a beaucoup travaillé, laissant percevoir en particulier une fascination singulière pour des fictions permettant d’observer (non sans émoi) l’éveil au monde d’un ou plusieurs enfants méticuleusement (ou providentiellement) soustrait(s) à toute corruption sociale, voire à toute influence civilisatrice. On s’intéressera notamment à un ensemble de textes qui intègrent la représentation d’une éducation expérimentale impliquant une forme plus ou moins rigoureuse et plus ou moins prolongée d’isolement de l’enfant et une rupture plus ou moins marquée avec les pratiques pédagogiques présentées comme usuelles. Centré autour de l’Émile de Rousseau, le séminaire sera l’occasion de parcourir un large éventail de ces fictions et d’en explorer les implications esthétiques, philosophiques, fantasmatiques… Textes Molière, L’École des femmes.
Marivaux, La Dispute, éd. J. Goldzink, GF-Flammarion, n° 616, 1990. Rousseau, Émile ou de l’éducation, éd. P. Burgelin, Folio Essais, 1969. Du Laurens, Imirce, ou la fille de la nature, éd. A. Rivara, Saint-Étienne, PU Saint-Étienne, 1993 Sade, Eugénie de Franval, dans Les Crimes de l’amour, éd. M. Delon, Paris, Gallimard, folio, 1987. Études : Christophe Martin, « ’Le sommeil de la raison’ : pour une archéologie de l’idée d’’éducation négative’, de l’École des femmes à l’Émile », dans Sottise et ineptie, de la Renaissance aux Lumières. Discours du savoir et représentations romanesques, éd. N. Jacques-Lefèvre et A.-P. Pouey Mounou, Littérales, n° 34-35, 2004, p. 95-116. Jean-Michel Racault, « Le motif de l’‘enfant de la nature’ dans la littérature du XVIIIe siècle ou la recréation expérimentale de l’origine » dans Primitivisme et mythe des origines dans la France des Lumières, 1680-1820, Paris, Presses de l’Université de Paris Sorbonne, 1989, p. 101-117.
XIXe siècleLes écritures épistolairesM. Pierre Dufief *LMLIF215 Master 1Semestre 2. Jeudi 14h-17h, tous les quinze jours Le second XIX° siècle conserve le goût marqué pour les correspondances qu’avait initié l’époque romantique. Celles-ci occupent une place centrale dans l’imaginaire des écrivains ; la lettre devient le document par excellence qui permet de donner aux romans leur pleine dimension réaliste ; on rêve même de romans qui ne seraient plus que des collations de correspondances. La forme des correspondances évolue et l’on tentera de dégager une poétique de l’écriture épistolaire post-romantique. Une correspondance est un corpus artificiel reconstruit par un éditeur selon des règles et des normes qui varient tout au long de la période et qu’il conviendra d’étudier. Pour certains lecteurs du XXI° siècle, les correspondances de Sand et de Flaubert constitueraient la meilleure part de l’œuvre. Il conviendra de s’interroger sur les raisons de ce succès liées à la fois à notre goût pour l’intime et le quotidien, au succès de l’écriture fragmentaire, à la diversité des tons, à un autre regard sur la littérature, la critique et les contemporains. Corpus : George Sand, Correspondance (extraits ; livre de poche) Flaubert, Correspondance (extraits ; livre de poche) Les romans de l’insurrection (1865-1890)M. Pierre Dufief *LMLIF315. Master 1 et 2Semestre 1. Jeudi 10h-13h, tous les quinze jours Les récits d’insurrections et de guerres civiles se sont multipliés au lendemain de la Commune. On peut considérer que les romans de l’insurrection constituent une forme à part, un « sous-genre » du roman, dont il conviendra d’étudier les traits spécifiques à la croisée du roman historique et du roman à thèse ; ces récits se construisent naturellement sur une structure antagonique ; ils apparaissent comme porteurs de valeurs et possèdent une forte dimension axiologique sans exclure le dialogisme. Ces œuvres mettent en scène un personnel romanesque, qui leur est propre : foules, auxquelles s’intéresse Gustave Le Bon, héros insurgés à resituer par rapport aux révoltés romantiques et aux héros de l’absurde de Camus. Les romans de l’insurrection amènent à s’interroger sur la dialectique de l’ordre et du désordre, du devoir d’obéissance et de révolte ; ils expriment les fascinations contradictoires du sublime de la violence et de l’idylle de la paix.
Textes : Zola : La Fortune des Rougon ; Hugo : Quatre-vingt-treize ; Vallès : L’Insurgé ; Lucien Descaves : Philémon vieux de la Vieille (extraits). A propos du lyrisme moderne : l’art du vers, ou le sens du rythmeM. Alain Vaillant LMLIF225 Master 1Semestre 2. Vendredi 10h-13h, tous les quinze jours La critique contemporaine tend à assimiler le lyrisme à une expérience psychique ou à une aventure philosophique, menées avec les ressources propres du langage. Mais que faire alors des vieilles techniques poétiques – celles du vers, du rythme, de la rime et de la diction mesurée par le syllabisme – ? On aurait pu s’attendre à leur rapide décadence. Au contraire, le XIXe siècle le plus novateur en matière de lyrisme – celui de Hugo, Lamartine, Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, Mallarmé – est aussi celui qui a exploré avec la plus grande fascination l’art du vers. Il y a apparemment dans la vieille et banale versification un secret et une vertu proprement poétiques, que l’on n’a pas encore terminé de percer à jour. Sur des bases théoriques nouvelles, empruntées à la fois à l’histoire littéraire et à la linguistique, le séminaire se propose de revenir sur cette question, capitale pour toute poésie, des liens entre lyrisme et rythme du vers : les poèmes qui serviront d’exemples et d’illustrations seront des textes majeurs du XIXe siècle, de Hugo à Verlaine. D’autre part, le travail d’analyse et d’interprétation portera plus particulièrement cette année sur les Poésies de Mallarmé. Invention littéraire, industrie du livre et révolutionmédiatique au xixe siècleM. Alain Vaillant LMLIF342. Master 2Semestre 1. Jeudi 17h-20h, tous les quinze jours La littérature française est confrontée au XIXe siècle à un triple bouleversement. À la suite de la Révolution française, l’effondrement de la sociabilité aristocratique qui, couplée au mécénat, constituait le socle du système de production et de diffusion littéraires, va donner à l’acte de publication – par l’imprimé – un rôle désormais central et presque hégémonique. Or cette évolution est contemporaine de deux mutations majeures qui touchent cette fois le monde de l’imprimé. D’une part, l’édition cesse d’être une activité artisanale pour entrer dans l’âge industriel, qui impose ses rythmes, ses contraintes économiques, sa force de standardisation. D’autre part, la brusque explosion de la presse fait entrer la France, autour de 1830, dans notre moderne culture médiatique et dans ce que des historiens ont appelé la « civilisation du journal ».Le séminaire portera à la fois sur l’analyse concrète de ces nouveaux imprimés (livres, journaux, revues) et sur l’étude d’auteurs majeurs dont les œuvres témoignent le plus visiblement de cette révolution culturelle (Balzac, Baudelaire, Flaubert, Zola, Mallarmé…). Son objectif sera de prendre la mesure des conséquences proprement esthétiques de ces interférences entre l’histoire de l’imprimé et histoire littéraire. Rire en poésie M. Alain Vaillant LMLIF425. Master 2Semestre 2. Vendredi 10h -13h, tous les quinze jours À partir du romantisme de 1830, le rire, parfois sous les formes les plus inattendues, est devenu une composante fondamentale de l’imaginaire et du travail poétiques : au point que l’esthétique du rire peut à bon droit être considérée comme le signe même de la modernité. Bien sûr, on savait rire avant le XIXe siècle ; mais le rire était alors, selon l’antique conception aristotélicienne, annexé à la sphère du laid ou mis au service du moralisme de la satire. Le rire moderne est un rire en liberté, devenu un objet d’art à part entière et doté des plus hautes vertus (philosophiques, littéraires, émotionnelles…), alors même que, paradoxalement, il réhabilite les techniques jugées les plus basses du comique (le calembour, la blague, les jeux sur les sonorités ou sur les lettres, l’allusion obscène, etc.). Le séminaire sera consacré à l’histoire et à l’analyse formelle de cette continuelle révolution littéraire, à partir de l’étude de figures majeures de la poésie moderne (Hugo, Baudelaire, Rimbaud, Mallarmé, Apollinaire…), mais aussi d’œuvres et d’auteurs moins connus du XIXe et du XXe siècles qui, du fait même de leur dimension ouvertement humoristique, ont été exclus du Panthéon littéraire (poésie funambulesque, fantaisiste, « chanoiresque » ; Prévert, Vian, Queneau, etc.). Méthodes critiques et historiques en littérature françaiseM. Alain Vaillant *LMLIF 138. Master 1.Semestre 1. Jeudi 14h30 - 17h, tous les quinze jours
Pendant longtemps, la théorie de la littérature – qui ne s’appelait pas encore ainsi – a seulement consisté en une description formelle et prescriptive de ses genres ou de ses techniques. Il a fallu la naissance de la philosophie de l’Histoire – au XVIIIe siècle – pour que l’on prenne aussi conscience que la littérature, jusqu’alors considérée sub specie eternitatis, était un fait de part en part historique : cette prise de conscience a bouleversé notre conception de la littérature elle-même et, en particulier, a permis le développement conjoint de la critique et de l’histoire littéraires. Celles-ci se sont alors assimilé et ont réinterprété les acquis des théories héritées de la pensée antique (rhétorique et poétique), tout en s’adossant aux sciences humaines avec lesquelles elles se sentaient le plus en affinité (psychologie, sociologie, linguistique). Le cours s’efforcera de présenter, de la façon la plus claire et la plus utile possible pour l’étudiant, les tendances majeures de l’évolution de ces méthodes critiques et historiques, à partir des Lumières et du romantisme. Il visera à apporter les éléments de réflexion indispensables à l’étudiant pour son travail de recherche personnel, mais aussi dans la perspective des concours de l’Éducation nationale. XXe-XXIe sièclesLa difficulté d’être dans les années vingtMme Myriam Boucharenc LMLIF126. Master 1.Semestre 1. Mercredi 16 h30 - 19 h30, tous les quinze jours
Les années 1920 sont restées synonyme de révolte et d’invention, de frivolité et de liberté, d’audace et d’excentricité. Cette modernité effervescente, que l’Histoire s’est plu à retenir, ne saurait cependant faire oublier que cette brillante décennie fut aussi celle d’une génération désorientée par la Grande Guerre, en perte de repères et d’identité, « inquiète », disait-on alors, que tentent toutes les formes d’évasion. Tandis que la théorie freudienne se répand en France, un nouveau héros – qui n’en a plus aucune des qualités – fait irruption dans le roman, celui du jeune homme inadapté. Oscillant entre inquiétude et indifférence, agitation frénétique et tentation du suicide, révolte et procrastination, il mène une existence à la dérive, ballotté par les événements auxquels il ne trouve pas de signification. Le séminaire s’interrogera sur les causes et les symptômes de ce que Marcel Arland baptisa, en référence au romantisme, le « nouveau Mal du siècle ». On s’interrogera plus particulièrement sur la contribution de cette « difficulté d’être » aux poétiques et à l’histoire de la modernité dont elle demeure – bien qu’en contre-note – inséparable.
Programme Jean Cocteau, Le Grand écart (1923), Stock. René Crevel, Mon corps et moi (1925), Le Livre de Poche, « Biblio ». Philippe Soupault, Le Nègre (1926), Gallimard, « L’imaginaire ». Pierre Drieu La Rochelle, Le Feu follet (1931), Gallimard, « Folio ».
Quelques références
Portrait de l’écrivain en grand reporterMme Myriam Boucharenc LMLIF326. Master 2.Semestre 1. Mercredi 16h30-19h30 tous les quinze joursProjeté sur le devant de la scène culturelle et médiatique par l’essor de la presse d’information, le grand reportage connaît durant l’entre-deux-guerres une vogue sans précédent. Bien peu d’écrivains échappent alors à la tentation de cette nouvelle forme « de littérature active », selon la formule de Pierre Mac Orlan. Kessel, Carco, Cocteau, Cendrars, Soupault, Simenon, Malraux et combien d’autres encore, se sont lancés, sous le patronage du célèbre Albert Londres dans le genre encore peu codifié de l’enquête, pour le plus grand plaisir des lecteurs du Matin, de Paris-Soir ou de Voilà. Certains du bout de la plume, d’autres à corps perdu… Qu’elle ait été passionnée ou conflictuelle, ponctuelle ou durable, profonde ou superficielle, l’alliance de l’écrivain et du reporter a contribué à façonner une nouvelle image de l’Auteur. Elle cristallise des questionnements d’époque – sur les rapports entre l’écriture et l’action, la littérature « pure » et la littérature « intéressée », le vécu et la fiction…. – et permettra d’éclairer, à partir de leurs « archives », quelques-unes des mythologies de notre modernité littéraire et médiatique.
Albert Londres, Chez les fous (1925), rééd. Le Serpent à Plumes, « Motifs », 1999. Joseph Kessel, Vent de sable (1929), Gallimard, « Folio », 1997. Colette, [reportage sur la traversée inaugurale du Paquebot Normandie] (1935), in à bord du Normandie. Journal transatlantique, Le Passeur, 2003. Blaise Cendrars, Hollywood, La Mecque du cinéma (1936), Grasset, « Les Cahiers rouges », 2005.
Quelques références
Myriam Boucharenc, L’Ecrivain-reporter au cœur des années trente, Presses universitaires du Septentrion, « Objet », 2004. Michel Collomb, La Littérature Art Déco, Méridiens-Klincksieck, 1987. Christian Delporte, Les Journalistes en France (1880-1950). Naissance et construction d'une profession, Le Seuil, 1999.
Marc Martin, Les Grands Reporters. Les débuts du journalisme moderne, Éditions Louis Audibert, 2005. Michèle Touret (sous la dir. de), Cendrars au pays de Jean Galmot, Presses Universitaires de Rennes, « Interférences », 1998. L'Ecrivain journaliste, Klincksieck, « littératures contemporaines », n° 6, 1998.
Récits de l’Afrique coloniale et post-colonialeM. Jean-Marc Moura LMLIF 137. Master 1Semestre 1.Vendredi 10h-13h tous les quinze jours
Le séminaire propose d’aborder des œuvres romanesques de l’Afrique subsaharienne prenant pour thème la colonisation puis les indépendances. Il s’agira de les étudier tout en mettant en évidence leurs relations tant aux représentations occidentales qu’aux littératures africaines écrites dans des langues européennes (principalement anglophones) afin de dégager certaines spécificités de cet ensemble littéraire d’expression française. Textes
Chinua Achebe, Le Monde s’effondre, Présence Africaine (The World Falls Apart, Penguin)
L’espace littéraire des CaraïbesM. Jean-Marc Moura LMLIF 139. Master 1Semestre 1.Lundi 16h-19h tous les quinze jours Les écritures « francophones » se caractérisent par une diversité littéraire et culturelle contemporaine d’extension mondiale. Le séminaire se veut une introduction aux études concernant leur histoire, leurs relations à la langue et à la culture ainsi que leurs poétiques. L’exemple des lettres caribéennes nous permettra de dégager plus précisément les grands enjeux de ces recherches. L’espace littéraire des Caraïbes peut en effet être considéré selon diverses perspectives : en tant qu’archipel, comme un espace latino-américain voire selon une extension interaméricaine, rassemblant non seulement des écrivains francophones, mais aussi des auteurs anglophones, hispanophones, néerlandophones et créolophones. En étudiant les œuvres d’expression française et en les réinscrivant dans l’archipel auquel elles appartiennent, nous verrons pratiquement quelles sont les spécificités des études francophones et les méthodes permettant de les aborder en cet âge de globalisation. Textes :
Jacques Roumain : Gouverneurs de la rosée, Le Temps des Cerises V.S.Naipaul : Une Maison pour Monsieur Biswas, Gallimard, « L’Imaginaire » (A House for Mr Biswas, Penguin) Gabriel García Márquez : Cent ans de solitude, Seuil, (Cien anos de soledad, Debolsillo)
Les études postcoloniales francophonesRéinterprétations francophones de l’exotisme occidentalM. Jean-Marc Moura LMLIF 319. Master 2Semestre 1.Vendredi 10h-13h tous les quinze jours Les études postcoloniales constituent une perspective d’étude située à la jonction de la littérature et d’un fait majeur de l’histoire mondiale, les colonisations puis les indépendances. A ce titre, elles ont inspiré un grand nombre de recherches tant sur les lettres occidentales que sur les littératures émergentes, nées dans des contextes durablement marqués par les pratiques coloniales. Le séminaire propose d’étudier quelques œuvres francophones à partir de cette perspective. Il se fixe ainsi une double tâche d’analyse des figures occidentales de l’Autre et de l’ailleurs et des écritures du Sud. Nous étudierons des représentations notoires de l’Orient –liées à ce qu’Edouard Saïd appelait « l’orientalisme »-- et diverses stratégies narratives francophones de contestation de l’exotisme et de réinvention du voyage littéraire. Textes : E.M.Forster : Route des Indes, 10/18 (A Passage to India, Penguin) Hermann Hesse : Siddhartha, Livre de Poche Nicolas Bouvier : Le Poisson-scorpion, Gallimard, « Folio »
Quelques references critiques:
R.Young: White Mythologies. Writing History and the West, Routledge
Observatoire de poésie contemporaine (I)M. Jean-Michel Maulpoix LMLIF112 Master 1Semestre 1. Mercredi 13h-16h tous les 15 jours Ce séminaire centre ses travaux sur les aspects les plus récents de la poésie française. Au niveau M1 (1er semestre), il observe ses principales évolutions entre 1950 et 1970, c’est-à-dire depuis le double épuisement du surréalisme et de la poésie « engagée » issue de la résistance, jusqu’aux démarches « littéralistes ». Au niveau M2 (2ème semestre), il s’ouvre à « l’extrême contemporain » (1980-2000), pour interroger aussi bien le néo-lyrisme que les démarches constructivistes et les écritures de « l’aggravation ». Ce séminaire est également ouvert aux doctorants. Il pourra se prolonger par des journées d’études au cours desquelles les étudiants seront invités à rencontrer certains des auteurs étudiés et à présenter des travaux critiques personnels. Des renseignements plus précis seront communiqués sur le site www.maulpoix.net à mesure que s’établira le programme.
Bibliographie indicative : Œuvres choisies d’Yves Bonnefoy, Philippe Jaccottet, Jacques Dupin, Michel Deguy, Emmanuel Hocquard, Claude Esteban, James Sacré, Guy Goffette, disponibles pour la plupart dans la collection « Poésie/Gallimard ». L’élégie au XXème siècleM. Jean-Michel Maulpoix, M. Benoît Conort LMLIF216 Master 1Semestre 2. Mercredi 13h-16h tous les 15 jours Ce séminaire examinera l'écriture élégiaque au XXème siècle à travers la diversité de ses formes (des élégies proprement dites jusqu'aux textes à "tonalité" élégiaque, en passant par divers types d'écritures funèbres), ses motifs, son imaginaire et sa "pensivité" ou sa réflexivité propres. Ce séminaire sera animé conjointement par Benoît Conort qui prendra en charge la première moitié du siècle, et par Jean-Michel Maulpoix qui s'intéressera plutôt aux écrivains contemporains. Les auteurs et les oeuvres étudiés iront ainsi d'Apollinaire, Francis Jammes et Pierre Jean Jouve jusqu'à Michel Deguy et Emmanuel Hocquard.Références critiques:
Observatoire de poésie contemporaine (II)M. Jean-Michel Maulpoix LMLIF427 Master 2Semestre 2. Mercredi 13h-16h tous les 15 jours Ce séminaire centre ses travaux sur les aspects les plus récents de la poésie française. Au niveau M1 (1er semestre), il observe ses principales évolutions entre 1950 et 1970, c’est-à-dire depuis le double épuisement du surréalisme et de la poésie « engagée » issue de la résistance, jusqu’aux démarches « littéralistes ». Au niveau M2 (2ème semestre), il s’ouvre à « l’extrême contemporain » (1980-2000), pour interroger aussi bien le néo-lyrisme que les démarches constructivistes et les écritures de « l’aggravation ». Ce séminaire est également ouvert aux doctorants. Il pourra se prolonger par des journées d’études au cours desquelles les étudiants seront invités à rencontrer certains des auteurs étudiés et à présenter des travaux critiques personnels. Des renseignements plus précis seront communiqués sur le site www.maulpoix.net à mesure que s’établira le programme.
Œuvres choisies d’Yves Bonnefoy, Philippe Jaccottet, Jacques Dupin, Michel Deguy, Emmanuel Hocquard, Claude Esteban, James Sacré, Guy Goffette, disponibles pour la plupart dans la collection « Poésie/Gallimard ».
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